My Ray of Hope -J’ai élevé un servant obsesif

Suite à un accident de voiture qui lui a coûté la vie, une jeune femme rouvre les yeux dans le corps de la méchante d’un roman, Yurina Carthia. Piégée dans une histoire dont elle ne garde que des souvenirs flous, une seule certitude la hante : sa fin sera misérable… et inévitable.
Refusant de se résigner, elle choisit de défier le destin. Son pari est aussi audacieux que dangereux : s’approcher de celui qui, dans le récit original, est destiné à la tuer. Si elle parvient à le rallier à sa cause, peut-être pourra-t-elle survivre…
Mais peut-on vraiment échapper à une fin déjà écrite ?
Je suis une Carthia. Rien ni personne ne peut m’empêcher de faire ce que je veux.
Tome 1 – Page 37.
Ce premier tome s’inscrit clairement dans les codes du genre isekai, en rappelant des œuvres comme The Villainess Turns the Hourglass. Toutefois, il tente de s’en démarquer à travers sa protagoniste, qui, contrairement à d’autres figures similaires, choisit de ne plus manipuler son entourage.

L’œuvre s’ouvre sur un aperçu du futur, mettant en scène la protagoniste ainsi que les deux protagonistes masculins, dès les premières pages du tome. Un procédé encore assez rare, qui attise immédiatement la curiosité du lecteur et le rend impatient de découvrir comment l’histoire mènera jusqu’à cet instant.
Le récit revient ensuite à l’enfance des personnages, un choix narratif fréquent dans ce type d’histoire. S’il permet de poser les bases et de développer les relations sur le long terme, il peut aussi donner une impression de déjà-vu, tant ce procédé est répandu dans le genre.
My Ray of Hope – J’ai élevé un servant obsessif (집착 서브 남주를 키웠습니다 – 2025) participe à un mouvement d’émancipation des femmes de plus en plus marqué dans les webtoons. Nous voyons fleurir, sur les plateformes comme dans les librairies, des héroïnes fortes et stratèges, incarnées dans des rôles variés : personnages secondaires, princesses, et, plus récemment, figures de « vilaine ».
Ces récits accordent généralement peu de place à leur vie antérieure. Le passé reste flou, voire inexistant, afin de mieux se concentrer sur cette nouvelle existence : une seconde chance à saisir. Ici, le passé n’a plus vraiment d’importance : seule compte la possibilité d’avancer.
Ce premier tome, ainsi que le second, si l’on se fie à son résumé, met en lumière la peur de l’étranger, incarnée par un jeune garçon aux yeux rouges, perçu par tous comme une malédiction. Cette particularité devient ici un symbole immédiat de l’altérité, justifiant son rejet et sa marginalisation. Cette peur engendre une forme de déshumanisation du personnage étant réduit à la menace qu’il représente plutôt qu’à la personne qu’il est.

À l’inverse, la protagoniste adopte un regard différent, refusant de céder à cette méfiance collective, ce qui renforce son positionnement en rupture avec son époque et son environnement.
Ce traitement peut être interprété comme un écho aux difficultés qu’éprouve la société coréenne à s’ouvrir à l’altérité, bien que cette thématique reste ici abordée de manière surtout narrative.
Je trouve personnellement qu’il y a quelques incohérences. La protagoniste, ayant une dizaine d’années de plus que son âge physique, se comporte comme une adulte dans un corps d’enfant, ce qui peut être assez dérangeant. Cela se ressent particulièrement lorsqu’elle outrepasse sa position de noble pour s’occuper de Ray, sans réellement prendre en compte les règles d’étiquette ni le regard des autres. Même en venant d’un monde contemporain, ce comportement peut surprendre et manque parfois de cohérence, au point de faire tiquer.
C’est avec humour et douceur que Yoon Ha Wol (윤하월) et TK (티케) abordent ce sujet. L’œuvre se distingue également par des teintes délicates, souvent dominées par des tons jaunes, qui viennent souligner le rôle de Ray comme symbole d’espoir et de survie pour Yurina.
Par ailleurs, cet aspect visuel participe à orienter la lecture : il laisse rapidement entendre que ce personnage deviendra le protagoniste masculin principal, malgré une couverture qui semble suggérer un triangle amoureux.
C’est d’ailleurs l’une de mes principales déceptions : il devient assez évident, dès les premiers tomes, avec quel personnage Yurina partagera sa vie à la fin.
Néanmoins cela reste une histoire mignonne, sans prise de tête qui nous fait nous évader le temps de quelques heures.
Alors si vous aimez les isekaï romantiques façon manga, tendes, touchants et avec une touche d’humour, ce webtoon est fait pour vous !

My Ray of Hope
Scénariste Hoon Ha Wol (윤하월),
Dessinateur TK (티케).
KBOOKS, 2025
240 pages, 14,95€
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